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Revitalisation propice aux officines

17 mai 2018

J'ai travaillé sur cette problématique durant mon cursus MSIS ESSEC. Ici adaptée à l'officine mais transposable à d'autres activités. La revitalisation rurale propice.

Périmètre d'action des collectivités rurales

Les ruralités connaissent aujourd’hui de nombreuses crises (couverture numérique du territoire, déserts médicaux, réforme de la dotation globale de fonctionnement, crise agricole, désertification des commerces…). L’une des raisons à ces problèmes est précisément cette mauvaise définition du rural qui limite l’efficacité des réponses politiques. Le périurbain n’est pas la campagne, la plaine n’est pas la montagne, et chacun de ces territoires rencontre des crises qui leur sont propres. 21 millions d’habitants vivent sur les territoires dîts ruraux (communes de -3500 habitants). C’est un électorat important et il faut lui parler.

Prenons l'exemple des problèmes de mobilité faisant écho à tout cela. A part le ramassage scolaire, quel transport collectif reste-t-il aujourd’hui dans certains lieux reculés ? Les intercommunalités rurales doivent faire un effort d'investigation des solutions. Des  offres collaboratives sont déjà proposées dans ce domaine, mais elles restent toujours isolées. Il n'existe pas d'offre nationale sur ce créneau. Selon l'étude "The sharing economy" de Price Waterhouse, publiée en mai 2015, 70% des usagers d'offres collaboratives seraient des citadins contre seulement 30% de ruraux. Une proportion logique, puisque la plupart des start-ups comme Airbnb ou BlaBlaCar sont issues des grosses métropoles. Mais la solidarité territoriale existe depuis longtemps en campagne, et c'est une donnée majeure. 

Le chef de l'Etat poursuit ses tournées rurales sous le signe de l'éducation, avec la volonté de modifier l'image de président des villes. Ces déplacements sont censés répondre aux critiques d'acteurs du milieu rural contre diverses mesures mal perçues. L'accusation de favoriser les villes est un procès récurrent fait à Emmanuel Macron. Il reflète d'ailleurs le premier tour de l'élection présidentielle, où son score était meilleur en ville qu'à la campagne. (sic - La Dépêche du Midi).

Ne faisons pas de misérabilisme rural, abordons ces sujets autrement.

Collaboratif, économique et cohérent

Parlons du critère majeur sociétal et très tendance qui est celui du "collaboratif".  Sur ce créneau, les acteurs les plus connus s'appellent AirBnB, BlaBlacar et le Boncoin par exemple. C'est sur ce type d'offre captive, connue de tous et largement valorisée par la plupart, que bon nombres de start-ups et concepts gagnants positionnent leur offre. Les critères de sensibilisation économiques majeurs retenus pour attirer leurs cibles tournent autour du budget.

Conjointement à l’envie de faire des économies arrive aussi celle de donner plus de sens à sa consommation. Les gens viennent chercher de meilleurs rapports humains voire de la solidarité, même si la solidarité ne me semble pas pouvoir se décréter. Il peut y avoir des solidarités intéressées. Si du lien social se crée au sein de ces communautés dans une ambiance conviviale, cette situation constitue aussi un terreau propice aux coopérations économiques et au développement de l’activité des acteurs. Il ne s’agit peut être pas de solidarités totalement désintéressées. En cela, tous ces nouveaux business models se revendiquent souvent en toute transparence à vocation économique. L'objectif étant de communiquer sur le "gagnant-gagnant".

 La question du prix et de l’accès aux services peut aussi être analysée de différentes manières. Si les notions de pourboire, de forfait, de prix libre, ou encore d'échanges de services, peuvent apparaître comme des moyens de questionner les modes de consommation, ces pratiques peuvent aussi être perçues comme des leviers permettant aux populations les plus fragiles de participer et de contribuer aux différents projets de leur commune. En ce sens, tous ces projets sont surtout vecteurs de cohérence sociale.

Si le critère géographique est un levier potentiel pour favoriser ces initiatives,  l’acteur public a un rôle à jouer dans cette dynamique. Par différents moyens, il doit pouvoir faciliter le développement des projets. Mais pour cela il doit accepter de faire évoluer son rôle et sa place. En effet, depuis très longtemps, l’acteur public contribue et cherche à faciliter  la diversité et l’ouverture des communautés se constituant autour de projets de ce type. Il agit bien souvent aussi comme garde-fou de l’équité démocratique. Ce dernier devrait intervenir comme facilitateur, comme partenaire visant à “faire avec” plutôt qu’à “faire pour”. Sans directement porter le projet, l’acteur public peut faciliter son développement et sa pérennité, par sa connaissance des réseaux locaux notamment (commerces, associations, citoyens). 

Dynamique collective gagnante

Cette dynamique s’organise au sein des territoires ruraux et regroupe différentes familles d’acteurs locaux (citoyens, salariés, usagers, entreprises, associations, collectivités territoriales...). Elle positionne le territoire comme lieu privilégié de dialogue et de coopération, favorisant les liens de confiance, la créativité et l’innovation au service d’un développement économique plus intégré. Il y a matière et urgence à s’interroger face à l’émergence de cette nouvelle forme d’action collective venant bousculer les prérogatives.

Un lieu d'échange et d'action commun permet aux entreprises qui partagent les valeurs d'une économie locale de se retrouver et d'agir ensemble. Cela aide aussi les entrepreneurs à s'implanter localement, ce qui permet de favoriser les échanges, d'éviter la délocalisation et de créer de nouveaux emplois. L'intérêt d'être partenaire d'une intitiative collaborative économique structurée c'est de participer au cercle d’entrepreneurs indépendants partageant les mêmes valeurs. Ce qui contribue à faire fonctionner le bouche-à-oreille des collègues, fournisseurs et clients déjà sensibilisés.

Parmi d'autres idées, le soutien du développement du numérique paraît également indispensable car en plus de permettre l’implantation d’entreprises, il est aussi un bon moyen de rapporter de l’information, de la formation et de la culture à celui qui ne peut pas se déplacer. Tout comme, le développement des maisons de santé et de l’aide à domicile doit aussi rester une priorité pour les élus qui redoutent les déserts médicaux.

Zone de revitalisation, le cadeau bonus fiscal

La reprise ou la création d'un commerce en zone de revitalisation rurale (ZRR) permet de bénéficier d'exonérations d'impôts substantielles et de réaliser des économies pour sécuriser le plan de financement. Pour cela, il faut s'installer dans les zones éligibles à ce régime avant le 31 décembre 2020. La liste est disponible sur le site de l' "Obervatoire des territoires" qui dispose d'une carte interactive.

Une opportunité d'installation pour les pharmacies par exemple, et notamment les jeunes diplômés. C'est un dispositif intelligent pour maintenir la maillage officinal.

 

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