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Leçons d'entrepreneuriat. Dynasty

28 mai 2019

La série culte des années 80 version 2019

Cette série met au grand jour le quotidien de la puissante et riche famille américaine Carrington. Basée à Atlanta, nous suivons les aventures de Fallon Carrington, une jeune femme ambitieuse et tellement dévouée à son travail qu'elle nous offre plusieurs leçons de vie avec son lot de rebondissements. Vous vous attacherez rapidement à cette famille tout sauf ordinaire, où l'entreprise familiale crée le lien entre tous. Entre entrepreneurs, chef d'une grande entreprise, contrats, fournisseurs et développement sociétal, cette série vous rendra vite accro à la vie d'entreprise. (www.doerswave.com)

Dynasty a marqué nos années 80. La série où fortune et pouvoir opposaient les Carrington aux Colby renaît depuis 2 ans sur Netflix, mes filles en sont dingues : "Mais si maman, fais-toi cette série, tu vas adorer et en plus il y a plein d'histoires qui parlent du business et des affaires, c'est hyper inspirant. Et puis les acteurs sont super beaux."

"Je sais, j'étais super fan ado, mais là en fait, le show glam et kitch je ne suis pas certaine".

Finalement j'ai succombé, et ce malgré le haussement d'épaules démoralisé de mon mari à chaque fois qu'il me voit sur un épisode. En fait j'adore ! Plaisir coupable, tant pis. Mais j'y vois aussi une belle opportunité pour faire une analyse autour des thématiques sous-jacentes.

Dans la série, le topo est bien connu : la lutte entre deux familles de l'upper class, sur fond d'or noir et de caviar. La dynastie est encore cet univers impitoyable, romancé en coups bas, egos surdimensionnés et manigances politiques.

Mais c'est une série qui nous offre quelques leçons d'entrepreneuriat et de business, avec des rebondissements et du suspens à la clé, et surtout qui a su s'adapter aux évolutions sociétales pour se réinventer. Et puis, La famille et l'entreprise, c'est la clé. Mais bon ... peut-on soutenir l'idée qu'être une ordure constitue un avantage pour réussir ?

La famille et l'entreprise 

A une époque où la vie privée de certaines dynasties américaines réelles comme la famille Kardashian passionne, la série tombe à pic. Mais à l'échelle française ou européenne la famille fait tout autant vendre.

Le décès de François Michelin - patron éponyme pendant près de 50 ans du leader du pneumatique – a donné lieu à un concert de louanges à la mesure des moqueries que suscitait depuis des décennies l’entreprise de la part de la bien-pensance managériale. Au même moment, ce n’était que regrets pour Norbert Dentressangle, cette entreprise familiale, paraît-il forcée à la vente à un concurrent américain faute de succession familiale. Et tout le monde de se passionner aussi pour les conflits shakespeariens qui forcent au départ le patron du presque premier fabricant automobile mondial Volkswagen.  (Selon l'ouvrage : Les 10000 familles – Plaidoyer pour l’entreprise familiale - Chevrillon, C. - Grasset, 2015).

L'entreprise familiale est un sujet d’intérêt pour le management, on en vante les mérites, de nombreuses recherches lui sont consacrées et on ne cesse de s’interroger sur ses vertus. Premièrement, elle serait en position de mieux gérer le conflit entre propriétaires et gestionnaires et ferait preuve d’un sens de l’économie bien à elle ... la "gestion en bon père de famille", faite de prudence et de réalisme. Cette confiance et cette loyauté sont aussi associées à une culture forte et distinctive. On parle de références partagées construites au fil du temps, des expériences et des événements (à savoir leur sens du long terme et leur capacité de résistance aux pressions du court terme).

La persistance des entreprises familiales peut avoir le bienfait de nous ramener au bon sens dont le management fait souvent défaut. Même si dans la série Dynasty la notion peut s'avérer perfectible, on y perçoit bien cette vision à long terme, ce sens de la transmission, de l’importance donnée aux enfants, aux générations futures et finalement à sa perpétuation. 

Evolution sociétale dans la série

Au fil des saisons, dans sa version 80's, Dynasty a multiplié  les incongruités sous couvert de pétrole abondant, comme pour mieux annoncer le règne de l'homme qui fit ses armes en ce domaine : le texan Bush Senior. La série semble hantée par le spectre d'un milliardaire "plus grand que la vie" : Donald Trump. En pleine apogée du show qui fait le plein de téléspectateurs, l'homme d'affaires fait construire la Trump Tower à New York. Comme le précise The Sun, Trump passe au milieu des années 80 des castings pour apparaître dans la série à succès ... et se fait recaler. Le chantre du capitalisme rétorquera à l'actrice principale Joan Collins : "Mais pourtant je SUIS Dynastie !" La série s'arrête en 1989, peu avant le déclin financier de son empire – dû à la chute du marché de l'immobilier. Entre temps, Trump s'est engagé au sein du Parti républicain. (www.les inrocks.com).

Même si le patriarche Blake Carrington continue à démontrer son habileté à jongler entre le business et les influences politiques, la série est en fait plus avancée qu'il n'y paraît. On y voit un homme un peu plus vulnérable, davantage préoccupé par sa façon d'interagir avec sa famille et surtout ses enfants (Steven et Fallon).

L'histoire ne se déroule plus à Denver mais dans la multiculturelle Atlanta. La diversité des genres est large et assumée dans la série. Le clan rival des Carrington, la famille Colby, est noir. La série consacre de plus une place importante à un personnage homosexuel défenseur de l'environnement – celui de Steven Carrington. Enfin, concernant Cristal Carrington (l'épouse), la très réservée petite provinciale est désormais une femme d'affaires vénézuélienne au tempérament fort. 

Mais l'héroïne de Dynasty, c'est elle : Fallon Carrington (la fille), une business woman ambitieuse de 25 ans prête à tout pour devenir la PDG de l'entreprise familiale. Parce qu'elle est une femme, elle doit se battre 10 fois plus que les autres pour arriver à ses fins. En 30 ans, rien n'a vraiment changé. La Fallon des années 2019 se retrouve à peu près face aux mêmes obstacles que son aînée.

Enfin, rejouer Dynasty c'est répondre au goût des Millenials pour la télévision "cheesy", caractérisant les produits culturels des années 80.

Faut-il être une ordure pour réussir ?

"Plusieurs études universitaires anglo-saxonnes s’intéressent à la personnalité des leaders, à leur style de management et à l’analyse des facteurs de leur réussite. Car aux Etats-Unis, réussir est important et est valorisé. En effet la culture américaine laisse la possibilité d’accéder à des fonctions prestigieuses. Il n’est donc pas rare qu’une biographie ou un film racontent l’histoire d’un succès saupoudré d’un portrait psychologique qui dévoile les bons aspects et les mauvais travers d’un Steve Jobs ou Alfred Hitchcock." (www.atlantico.fr)

Les chercheurs s’intéressent à une sorte de portrait robot du « winner ». Il en ressort que la représentation que nous nous faisons, et que nous acceptons, de celui qui a réussi, est plus proche du requin blanc que du Bisounours. Comme l’écrivait Machiavel : « La fin justifie les moyens ! ».

En France la réussite suscite souvent envie et jalousie, quand elle n’est pas caution à des rumeurs. Et même pour caricaturer : avoir le statut de génial ou de haute fonction suspecte d’être un nanti, profiteur, libéral sans scrupules … voire une véritable ordure. Regarder Dynasty nous renvoie forcément à cette idée car elle questionne : jusqu'où peut on aller pour réussir ou arriver à ses fins ?

Mais juste pour info : ceux qui ne demandent rien, n’obtiennent rien. Dans le monde de l’entreprise comme dans la vie quotidienne, si l’on veut quelque chose il faut aller le chercher (sans pour autant être odieux ou manipulateur). Cette série nous dévoile un aspect important que tout entrepreneur doit connaitre : les choses n'arrivent à terme que si vous les provoquez.

Règles d'or : bienveillance, respect, honnêteté 

Etre gentil n'implique pas d'être con !

La bienveillance est un synonyme de la gentillesse qui consiste à être attentif au bien-être de l’autre, et qui installe encore une fois cette relation de confiance qui est nécessaire au partage et à la réussite de tout projet. C’est une qualité de cœur.

Le respect, pas celui inspiré par la crainte du grade ou de la réputation de son interlocuteur, mais par cette valeur morale, bien différente de l’inclination, qui parle d’estime de l’autre, qui que soit l’autre et quel que soit son grade. Quoi de plus merveilleux que de se sentir pris en compte, respecté et écouté ?

L’honnêteté, parce que sans elle, tout est fichu à plus ou moins court terme. Je ne parle même pas de l’honnêteté de base qui consiste à respecter la loi, mais bien de l’honnêteté intellectuelle qui se traduit par des comportements congruents et authentiques. La congruence, c’est lorsque ce que vous dites avec les mots colle précisément avec ce que vous montrez par vos comportements, et ce que vous pensez profondément. La malhonnêteté, aggravée par le manquement au cadre défini, crée les contextes de révolte. Et si vous ajoutez à cela un traitement inhumain, vous avez entre les mains une poudrière en devenir.

(Franck Martin : « Etre gentil n’implique pas d’être con » - Le Monde).

Dans mon métier de consultant je constate l'influence que je peux avoir sur les organsiations dans lesquelles j'interviens. Je base mon action sur des références indiscutables : la loi et ma propre morale (l'alignement).

"Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord entre un être et l'existence qu'il mène ?" (Albert Camus). C'est cette phrase qui  guide mon intuition et mon ethique professionnelle, rassurez-vous pas Dynasty ...

 

 

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